Toutes
les revues sont disponibles en ligne et sont imprimables, à
l'exception de la dernière parution dont vous trouverez le
sommaire et l'éditorial.
Pour visualiser
les revues, vous avez besoin d'Acrobat Reader:

|
|
  |
Commander la revue |
 |
|
N°24-25
Le mépris
(Un dossier coordonné par Michel Guérin
et Renaud Ego) |
La pensée de midi N° 24/25
(Actes Sud, mai 2008)
22 euros, 256 pages
ISBN 978-2742776283
Sur un air du temps
Le mépris apparaît comme l’agent pollueur
le plus dévastateur de ces vingt dernières
années, et cela d’autant plus qu’il
devient l’air que l’on respire, il s’insinue
partout jusqu’à trouver en chacun de nous
un possible relais. L’homme d’aujourd’hui
n’a qu’une maxime de fonctionnement : il
n’a pas le temps.
Le mépris est le fruit d’un manque cruel
d’attention, d’autant plus effrayant qu’il
ne relève pas d’une stratégie délibérée,
mais d’une indifférence abyssale doublée
d’une suffisance du “système” à se
prétendre sans alternative. Personne ne peut rien
faire pour personne – telle est la sinistre moralité de
l’histoire.
La société du mépris n’est
pas celle où des hommes en font souffrir d’autres
volontairement, c’est celle où l’idée
de fin est en voie d’oubli total et où la
stricte logique des moyens s’applique sans limitation à tout
et à tous.
Impossible de s’en satisfaire !
Le monde nous livre des encouragements. Il fait signe.
Or, pour qu’il en vienne à faire sens, il
importe qu’un désir, une volonté,
un idéal, une avidité de belles images,
une passion bien bâtie que l’argent n’est
pas assez riche pour acheter ni raser, impose l’ordre
du jour et demande la parole. C’est cette parole à plusieurs
voix dont ce numéro se fait l’écho.
Ou comment sortir du temps du mépris…
Paul Ardenne / Catherine Chabert / Marcel Cohen / Jean
Duvignaud / Renaud Ego / Bruno Etienne / Michel Guérin
/ Axel Honneth / Pierre-Damien Huyghe / Guillaume Le
Blanc / David Le Breton / Bernard Noël / Hubert
Nyssen / Bernard Stiegler
| Sommaire |
Editorial : La République du mépris et
des arrogants experts, par Thierry Fabre
LE DOSSIER
Introduction au dossier : Sur un air du temps, par
Michel Guérin et Renaud Ego
La fausse monnaie du mépris, par
Jean Duvignaud
L’histoire d’un mot qui, au cours des
siècles, n’a cessé d’animer
les relations entre les hommes, à mesure qu’ils
se différenciaient. Un des derniers textes
de l’ami Jean Duvignaud, disparu en février
2007.
La fin d’un monde tragique, par Renaud
Ego
L’humiliation sociale et la blessure charnelle,
tels étaient les mobiles du roman Le Mépris
d’Alberto Moravia. “Des sentiments classiques
et désuets”, dira Godard, certes, mais
qui sont ceux d’un monde dont la négation
du tragique laisse la place à une société minée
par l’indifférence.
Une ambition abjecte, par Michel Guérin
Le mépris est la perversion de l’ambition,
une bassesse qui le prend de haut et ne révère
que le résultat, ôtant toute valeur
au geste et à l’acte proprement dits.
Le mépris, une affaire de détails,
par Marcel Cohen
A partir de son expérience du monde de la
marine marchande, l’auteur nous révèle
combien le mépris n’est pas une simple
dérive, mais bien la continuation de toute
une histoire…
Le temps du mépris ou la légitimation
de l’œuvre civilisatrice de la France,
par Bruno Etienne
Comment justifier un processus de domination ? L’usage
des mots de la colonisation.
Média mépris, par Bernard
Noël
A l’égal de l’alcool ou des sucreries,
pourquoi la consommation d’images télévisuelles
n’affecterait-elle pas, elle aussi, notre organisme
?
L’époque du psychopouvoir… entre
la honte et le mépris, par Bernard
Stiegler
La captation actuelle de l’attention par des
voies technologiques, dans des sociétés
où règne l’empire de la télévision,
s’organise en psychopouvoir qui détourne
et finalement détruit toute attention.
Antigone sans voix, par Pierre-Damien Huyghe
Les sentiments sont aujourd’hui délaissés
faute de supporter les valeurs du marché.
Le contrat commercial aurait-il eu raison des relations
désintéressées entre les hommes
?
Compter pour rien, par Renaud Ego
L’économisme libéral est fondé sur
un principe radical qui impose, au mépris
de toute autre valeur, les formes le plus souvent
fictives ou dévaluées qu’y prend
la liberté. Il consacre le règne solitaire
et sans partage de l’intérêt individuel.
Le racisme comme distorsion de la perception. Des
absurdités liées à l’exigence
de tolérance, par Axel Honneth
Ni le “racisme” ni la “xénophobie” ne
peuvent décrire correctement la motivation
des attaques de jeunes contre des étrangers…
Sociabilité masculine des quartiers de grands
ensembles : mépris et lutte pour la reconnaissance,
par David Le Breton
Pour nombre de jeunes qui se sentent méprisés,
le déni de reconnaissance “retourne” le
mépris – la lutte des classes s’effaçant
devant la lutte pour la reconnaissance.
Soi-même comme un étranger, par
Guillaume Le Blanc
Le sentiment d’être méprisé,
plus encore qu’au déni de reconnaissance,
renvoie à l’impossibilité de
faire œuvre, c’est-à-dire d’agir
avec les autres et d’appartenir ainsi à une
vie plus vaste.
La féminité au mépris de la
différence des sexes, par Catherine
Chabert
En s’aidant de ces deux romans, La Princesse
de Clèves de Mme de Lafayette et Une vieille
maîtresse de Barbey d’Aurevilly, l’auteur
recueille l’introuvable morale des plaisirs
avec laquelle nous n’avons pas fini de nous
débattre.
Représentations outrageuses (le mépris
et ses images), par Paul Ardenne
Certaines formes extrêmes de l’art ou
de la représentation s’en prennent à la
dignité humaine et font complaisamment image
de son désastre.
Avec le temps j’ai compris…, par
Hubert Nyssen
|
|

| Les
rubriques |
| |
< Carnets
d'Hubert Nyssen |
| |
| |
< La
bibliothèque de midi (par
Thierry Fabre, Charlotte Serrus, Gilles Suzanne, Pascal
Krajewski, Emile Temime, Michel Guérin, Philippe
Di Méo, Pierre Baumann) |
|
Le
Bec en l’air éditions
Yves Jeanmougin, Casablanca
Federico Fellini, Le livre de mes rêves
Roberto Saviano, Gomorra : dans l’empire de la
Camorra
Dominique Gagneux, Alfred Kubin : souvenirs d’un
pays à moitié oublié
Norton Cru, Lettres du Front et d’Amérique
Ernst Wiechert, Missa sine domine
Évelyne Patlagean, Un Moyen Age grec
Aldo Zargani, Pour violon seul, souvenirs d’enfance
dans l’En-deçà
Patrick Beurard-Valdoye, Le narré des îles
Schwitters
Michel Guérin, Pour saluer Rilke / Marcel Duchamp,
portrait de l'anartiste / L'espace plastique.
|
< Les musicales |
| - |
La
musique nous permet de “séjourner dans
le particulier sans cependant s’y fixer”, par
Catherine Peillon
La naïda casablancaise : un devenir artistique
bien incertain, par
Gilles Suzanne
L’art de faire entendre son désir
au Liban, par Elisabeth Cestor
|
< Questions d'images |
-
|
Balade
multimédia en Méditerranée,
dernière étape provisoire : Istanbul,
par Emmanuel Vergès |
< Carnets d'artistes |
| - |
Georges
Guye , par Alain Paire |
< En débat |
| - |
Feues
les racines chrétiennes de l’Europe
?, par Gilles Dorival
“France, fille aînée de l’Eglise” ?,
par Raphael Liogier |
< Le temps des saveurs |
| - |
Mon
ami Robert, par Pierre Giannetti
Pourquoi j'aime la poutargue,
par Mayalen Zubillaga |
< Les inédits |
-
|
Les
Chérubins de la moquette, par
Eléni Yannakaki |
|
| |
|
| La
rédaction précise que les propos et les écrits
des auteurs n'engagent que leur responsabilité, et non celle
de La pensée de midi. |
|
|
|
|